Le Blog de l'Eau

Lors du 6ème Forum Mondial de l’Eau, la Fédération Professionnelle des Entreprises de l’Eau (FP2E) et le BIPE ont publié une nouvelle étude sur les données environnementales, sociales et économiques des services publics d’eau et d’assainissement. Cette 5ème édition, qui est un véritable outil de référence et d’information, a pour objectif d’apporter des éléments chiffrés pour mieux comprendre le fonctionnement de l’activité liée au secteur de l’eau  et de l’assainissement.

Etat des ressources et qualité de l’eau potable, organisation institutionnelle et gouvernance, recherche et développement, emploi en France et à l’international, modes de financement, prix de l’eau et indicateurs de performance des services… Ces données consolidées et délivrées par le BIPE démontrent la performance des services français, qui restent publics quel que soit leur mode de gestion (la propriété des infrastructures est toujours, en France, celle des collectivités locales).

Quelques chiffres-clés, extraits de l’étude BIPE/FP2E :

L’état des ressources en eau en France

Au niveau national, les ressources en eau bénéficient d’un stock estimé à 2 000 milliards de m3 et d’une pluviométrie annuelle de 503 milliards de m3.

En 2009, 10 400 masses d’eau de surface et 500 masses d’eau souterraines ont été évaluées en France :

• 41 % de ces masses d’eau de surface sont en bon état écologique et 43 % en bon état chimique ;

• 88 % des masses d’eau souterraines sont en bon état quantitatif et 59 % en bon état chimique.

Une eau du robinet de qualité optimale et contrôlée en permanence

Les Agences régionales de santé (ARS) ont effectué plus de 11 millions d’analyses en 2010 sur l’ensemble des services publics d’eau et d’assainissement. En plus de ces contrôles, les opérateurs surveillent la qualité de l’eau tout au long du processus de production et de distribution : 6,6 millions d’analyses, au total, ont été effectuées en 2010 sur les services gérés par les entreprises de l’eau.

La qualité sanitaire de l’eau produite et distribuée, par les opérateurs dans le cadre de leur délégation de service public, indique un taux de conformité bactériologique de 99,7%  en 2010 (en hausse par rapport à 2008) et un taux de conformité de la qualité physico-chimique de 98,6%.

L’engagement des entreprises de l’eau dans l’aide aux familles en difficulté

Les entreprises de l’eau ont signé, avec les trois quarts des départements français, des conventions aux Fonds de solidarité logement (FSL), apportant une contribution financière annuelle.

Cette aide a permis la mise en place d’abandon de créances, correspondant aux factures d’eau de clients en situation de précarité. En 2010, les opérateurs ont financièrement pris en charge un montant de 2,4 millions d’euros (contre 1,7 million en 2005), avec 36 000 dossiers traités pour des familles en difficulté.

De nouvelles technologies déployées par les entreprises de l’eau, pour une bonne maîtrise de ses consommations d’eau

Sur les 15 millions de compteurs relevés par les entreprises de l’eau, près de 9% étaient équipés d’un service de télérelevé en 2010 (contre seulement 4 % en 2008) qui permet de relever les consommations à distance et de les suivre en continu. La connaissance en temps réel des consommations d’eau favorise la détection rapide d’une surconsommation ou d’une fuite.

L’investissement dans le domaine de l’eau et de l’assainissement

5,62 milliards d’euros en 2009, dont 819 millions investis par les entreprises de l’eau, dans le cadre de leur activité de délégation (+ 4% par rapport à 2008).

Ces investissements ont principalement porté sur :

• la mise à niveau des équipements existants, pour satisfaire aux réglementations ;

• la création de nouvelles installations de traitement et de dépollution ;

• l’amélioration des réseaux d’eau potable.

A ce jour, le rendement de réseau des services gérés par les entreprises de l’eau a atteint un niveau de performance global de 81%.

Les entreprises de l’eau contribuent activement au commerce extérieur français

À l’étranger, le nombre de salariés des entreprises de l’eau françaises représentait en 2010 près de trois fois l’effectif français, soit près de 93 200 employés. Au-delà de leur maîtrise des technologies innovantes, c’est leur savoir-faire en termes de gestion des services d’eau et d’assainissement que les entreprises de l’eau françaises exportent. En 2010, près de 163 millions d’habitants étaient desservis par les services d’eau potable exploités par les entreprises françaises et 112 millions de personnes étaient raccordées à des services publics d’assainissement délégués aux opérateurs privés français. Le chiffre d’affaires réalisé à l’international par les entreprises françaises spécialisées dans la distribution d’eau et l’assainissement s’est élevé à 9,4 milliards d’euros en 2010, soit presque 2 fois le chiffre d’affaires réalisé en France.

  • Pour en savoir plus.

Télécharger le rapport FP2E/BIPE 2012

Download public water supply and sanitation services in France

Dans le cadre des 6èmes Rencontres parlementaires sur l’eau qui se sont tenues le 26 janvier, à l’initiative d’André Flajolet, Député du Pas-de-Calais, Coordinateur du processus parlementaire du 6ème Forum Mondial de l’Eau, Parlementaire en mission auprès de la ministre de l’Écologie Des parlementaires et des acteurs français se sont réunis pour se mobiliser face aux enjeux internationaux de l’eau

QUESTION…

à Olivier Brousse, Président de la Fédération Professionnelle des Entreprises de l’Eau

Pierre Lefèvre, journaliste :

Au-delà des aspects technologiques, quelle peut être la contribution des entreprises au droit à lʼaccès à lʼeau ?

Olivier Brousse :

Notre fédération regroupe lʼessentiel des entreprises françaises de lʼeau travaillant à lʼinternational, soit un chiffre dʼaffaires cumulé (en France et à lʼinternational) de 15 milliards dʼeuros et 150 000 emplois directs.

Les entreprises de l’eau desservent plus de 200 millions dʼhabitants de 70 pays grâce à leur présence à lʼétranger qui remonte à cinquante ans. Nous ne saurions organiser les politiques de lʼeau et nous ne sommes pas les banquiers de lʼeau, bien que certaines collectivités fassent parfois appel à nos capacités de financement.

Nous sommes des agents dʼefficacité technique, économique et sociale. Nous sommes les résultats de décennies dʼexpérience, dʼerreurs et de succès, dans le monde entier, et nous sommes aujourdʼhui en mesure de reproduire les meilleures technologies là où elles sont le mieux adaptées.

Nous ne défendons pas un mode de gestion mais le métier de lʼeau et je profite de ce débat pour rappeler que lʼÉcole française de lʼEau est encore très réputée dans le monde entier : jʼen veux pour preuve ces pays qui font appel à cette institution. Cette école est néanmoins concurrencée par des pays dont les progrès en matière de dessalement réalisent des progrès fulgurants et nous devrions saisir lʼoccasion du Forum pour redynamiser cette école à laquelle les chefs dʼÉtat font encore appel.

Le Forum Mondial de l’Eau doit être lʼoccasion de lʼexpression de la coopération public-privé dans le domaine de lʼeau, de la vigueur de nos savoir-faire et de notre capacité à les exporter.

Les entreprises de l’eau seront présentes au 6ème Forum Mondial de l’Eau :

  • avec un stand dans l’Espace France (Hall 3 – parc Chanot « Espace stands exposants »)
  • à l’occasion d’un événement parallèle à l’Espace France, le 14 mars 2012 de 10h40 à 12H : sur le thème des « Démarches partenariales pour la protection des captages ».

Prochain rendez-vous : le « Temps des Solutions » …. au Forum Mondial de l’Eau

Organisés tous les trois ans par le Conseil Mondial de l’Eau en étroite collaboration avec les autorités des pays d’accueil, les Forums Mondiaux de l’Eau sont les plus grands rendez-vous de l’eau. (25 000 participants lors de sa dernière édition à Istanbul en 2009). « Les forums mondiaux de l’eau servent de référence en matière de politiques publiques ou de bonnes pratiques pour l’ensemble des acteurs de l’eau » (Conseil d’Etat, rapport l’eau et son droit 2010).

Du 12 au 17 mars 2012 à Marseille, le 6ème Forum Mondial de l’Eau doit faire face à l’urgence des situations. Il mettra l’accent sur l’enjeu vital du droit à l’accès à l’eau pour tous, de l’amélioration de l’assainissement et d’un meilleur usage de la ressource en eau.

L’accès à l’eau, l’évolution du climat avec une augmentation des crues et des périodes de sécheresse dans toutes les régions du globe, le stress hydrique qui touche de plus en plus les zones urbaines, la pollution de la ressource sont les principaux défis.

Pour apporter des solutions, la France occupe une place de choix en particulier parce que le modèle Français de l’eau inspire toujours d’autres pays. Depuis 45 ans avec la loi de 1964, la France dispose d’un système de gestion intégrée de la ressource par bassin qui, par son efficacité notamment en matière de dépollution, constitue un modèle. Cette réglementation a ainsi clairement inspiré la directive-cadre européenne sur l’eau de 2000.

Par ailleurs, la gestion des services au niveau local, réunissant une autorité organisatrice publique et un opérateur, public ou privé, a fait ses preuves en termes d’efficacité de gestion. La compétence française, c’est donc le rôle aussi de ses milliers d’entreprises et sous-traitants, experts dans le domaine de l’eau, qui interviennent dans une centaine de pays. Les entreprises de l’eau apportent leur technologie et leur expertise.

Face à l’urgence de l’accès à l’eau et aux enjeux de l’assainissement, il est contre-productif d’opposer le privé contre le public car la Recherche & Développement, l’innovation et le savoir-faire de tous les acteurs de l’eau sont nécessaires, aujourd’hui, pour atteindre les objectifs ambitieux mais cruciaux à l’échelle mondiale et ceux fixés par l’Europe, les autorités publiques (Grenelle de l’environnement….).

Il est incontournable que la réponse aux enjeux techniques, économiques et sociétaux de l’eau réside dans la mobilisation de tous : pouvoirs publics, entreprises, ONG….

Pour en savoir plus.

http://www.worldwaterforum6.org/fr/inscription/

Les entreprises de l’eau seront présentes au 6ème Forum Mondial de l’Eau :

  • avec un stand dans l’Espace France (Hall 3 – parc Chanot « Espace stands exposants »)
  • à l’occasion d’un événement parallèle à l’Espace France, le 14 mars 2012 de 10h40 à 12H : sur le thème des « Démarches partenariales pour la protection des captages ».

Une première dans l’histoire de l’humanité : à l’heure où nous passons à 7 milliards d’habitants, près de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui en ville, soit 3,3 milliards d’urbains. Cette urbanisation galopante pose de nouveaux défis en termes d’accès à l’eau et à l’assainissement, de protection de la ressource et de prévention des risques. Ainsi, comme l’ont rappelé Jean-François LE GRAND et Jean GAUBERT, Co-Présidents du Cercle Français de l’Eau en ouverture du colloque Réinventer l’eau dans la ville qui s’est tenu à l’Assemblée nationale le 2 novembre, l’eau dans la ville est à la fois un risque à maîtriser, une ressource à préserver, et un vecteur de qualité de vie.

Selon Gérard PAYEN, Conseiller pour l’eau et pour l’assainissement du Secrétaire général des Nations unies, le nombre de personnes sans accès à l’eau potable ou à l’assainissement en ville continue de croître, malgré les efforts de la communauté internationale qui sont rattrapés par l’augmentation de la population : + 114 millions de personnes sans accès à un robinet d’eau entre 2000 et 2008, et + 134 sans assainissement de base (toilettes).
Il y a parallèlement urgence à agir simultanément sur les villes et les campagnes afin de ne pas séparer et opposer les territoires, comme l’a rappelé Guy FRADIN, Vice-Président du Comité international du 6ème Forum mondial de l’eau. Mis en avant par l’ensemble des intervenants il ne s’agit pas d’un problème financier, technique ou de pénurie d’eau, mais d’un manque de volonté politique et de gouvernance.

Pour combler ces lacunes, le rôle des autorités publiques locales est central : la gestion de l’eau est avant tout un problème local, et la connaissance du territoire est essentielle.

Au-delà du financement du « petit cycle de l’eau » (captage, traitement, transport de l’eau potable, récupération, et dépollution des eaux usées), les élus de la ville du futur doivent penser au financement du « grand cycle de l’eau ». Cette dimension écologique a un coût qu’il faudra croiser avec une politique sociale car le consommateur ne pourra pas tout payer, comme l’a fait remarquer Maurice OUZOULIAS, Président du Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération parisienne (SIAAP). Face aux exigences européennes, l’évolution du modèle de financement du service de l’eau s’impose.

Pour ce faire, tous les acteurs, publics comme privés, ont un rôle à jouer, a insisté Raymond LANNUZEL, Vice-président de Nantes Métropole. Eric LESUEUR, au nom de la Fédération Professionnelle des entreprises de l’eau, a d’ailleurs montré que les opérateurs privés ont toute leur place dans l’accompagnement des collectivités locales par de nouvelles approches transversales :

  • SAUR, pour la Communauté de communes de Parthenay (Deux-Sèvres), récupère l’eau d’un centre aquatique pour le nettoyage des chaussées et l’arrosage des espaces verts
  • Lyonnaise des Eaux a réhabilité des plans d’eau à Bordeaux, initialement prévus pour la lutte contre les inondations, à la fois en améliorant leur capacité de stockage et en travaillant leur mise en valeur paysagère afin d’intégrer de nouvelles contraintes d’une fréquentation par le public
  • Veolia Environnement travaille avec le Grand Lyon sur la réduction de l’impact des ilots de chaleur urbains grâce au pouvoir rafraichissant de l’eau. Une campagne de mesures couplée à une modélisation mathématique permet d’élaborer des solutions, comme il en existe déjà au Japon.

Les mutations engendrées par le changement climatique nécessitent en effet désormais de penser la ville autrement. L’eau dans la ville ne doit plus seulement être considérée comme un simple flux, mais elle doit être pensée comme un élément structurant, et composante élémentaire de l’aménagement urbain.

Le sixième Forum de l’Eau à Marseille en mars prochain, qui a pour ambition d’être le forum des solutions, sera l’occasion d’un regard mondialisé sur ces initiatives, a insisté André FLAJOLET, Député et Commissaire du 6ème Forum mondial de l’eau, pour permettre la concrétisation de ce droit de l’homme qu’est le droit à l’eau et à l’assainissement.

Selon le dernier baromètre du Centre d’information sur l’Eau, 87% des Français sont satisfaits du service de l’eau, un niveau de satisfaction jamais atteint, en progression constante depuis 2006.
Une satisfaction nourrie par l’image dynamique, moderne et efficiente dont bénéficient les entreprises de l’eau : 75% des Français les jugent en effet très compétentes au niveau technique et les deux tiers à l’avant-garde des technologies.

  • Une confiance dans l’eau du robinet

Malgré un climat de défiance généralisé dans l’opinion par rapport aux sujets d’actualité, 79% des sondés se déclarent satisfaits de la qualité de l’eau  à leur domicile (+3 depuis 2006), et 80% lui font confiance.
Une confiance qui repose sur le fait que l’eau du robinet est le produit alimentaire le mieux contrôlé en France. Une grande majorité d’entre eux fait confiance aux entreprises de l’eau (79%) comme aux autorités sanitaires (89%) pour effectuer ces contrôles.

  • Un prix du m3 d’eau potable toujours perçu comme plus cher que la réalité

Dans un contexte de crise économique où le pouvoir d’achat est au cœur des inquiétudes des Français, l’eau du robinet est perçue comme chère (62%). Pourtant ce sentiment est corrélé à une méconnaissance du prix. Très peu de Français connaissent en effet le prix moyen du m3 d’eau : seulement 35% citent un montant, et la plupart doublent le montant réel (6,4€ au lieu de 3,24€ le m3). De même, près de la moitié pensent dépenser plus pour l’eau que pour le téléphone alors que le montant annuel d’une facture d’eau représente 0,8% du budget d’un ménage contre 2,4% pour les télécommunications et 3,8% pour l’électricité et le gaz.

  • La pédagogie sur l’eau : des efforts à poursuivre pour réduire les idées reçues et répondre à la soif d’information

Pour lutter contre ces idées reçues, la question de l’information demeure centrale. Si les Français se déclarent mieux informés que les années précédentes, 53% estiment encore manquer d’information. Les thèmes relatifs à la qualité arrivent au premier rang des sujets sur lesquels ils souhaitent être informés : 57% sur les contrôles, 52% sur les normes… et 37% sur les éléments qui constituent le prix de l’eau, ce qui place cet item au 5ème rang de leurs attentes d’information.

Retrouvez l’essentiel du baromètre sur le site du CIEau à l’adresse suivante :
http://www.cieau.com/a-la-une/actualites/221-barometre-tns-sofres-les-francais-et-l-eau